XTRAIL Courchevel, 4 août 2024 : 11, 22, 33, 44, 55 ou 66 km ? Soyons fous !
XTRAIL Courchevel, 4 août 2024 : 11, 22, 33, 44, 55 ou 66 km ? Soyons fous !
Une course unique en France, un concept génial et rassurant ! Fini les barrières horaires qui signent douloureusement la fin de course quand elles ne sont pas franchies à temps ! Sur ce trail, tu ne seras pas disqualifié parce que tu ne cours pas assez vite. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas se mettre un peu la pression et viser le maximum tout en préservant le plaisir de courir.
Nous arrivons tout frais et pleins d’ambition à Courchevel samedi, charmante (et très huppée) station de Savoie. La météo est belle, le décor splendide. Nous retirons les dossards au pieds des tremplins de sauts à ski, avant d’entreprendre une petite balade sur un chemin propice à la méditation, à l’éveil des sens, à la connexion corps et âme avec Dame Nature. Un poétique prélude. Il s’agit d’ailleurs de la fin du parcours de la course, fin commune aux 6 distances proposées.
Le départ de la course est à quelques dizaines de mètres de notre hébergement. Nous arrivons vers 5H et cherchons notre sas. Nous sommes admis dans le sas « Elites » mais réalisons de suite qu’il s’agit du sas « Elites » ! Alors nous nous positionnons à côté … dans le sas « Leaders », mais ce n’est pas mieux. La panique, le sentiment d’imposture, le rire jaune s’emparent immédiatement de moi … nous n’avons plus le temps de changer. Tant pis …
Le start est donné, nous sillonnons quelques temps dans le village avant d’entreprendre une descente assez longue, suivie d’une montée non moins longue vers la dent du Villars, au milieu de laquelle se trouve la bifurcation vers le 11 km.
Que nenni, on pète le feu, on aspire vaille que vaille à aller jusqu’au 66ème km. On arrive enfin à la croix. Le sommet est majestueux, les nuages enveloppent les sommets, le paysage est féérique.
Ensuite balade sur les crêtes où il faut redoubler de vigilance avec toute cette caillasse blanche, ces rochers, ces aspérités, ce relief particulièrement exigeant pour les chevilles.
Descente puis remontée sur l’arête du mont Charvet, ça monte bien, mais le moral est bon, le plaisir de courir (et de marcher, voire de se traîner ou d’être entraîné – merci Lionel) est intact.
Mais voilà que le plus dur arrive … une interminable montée vers le passage de Plassa à presque 3000 mètres d’altitude. Les 45 minutes d’avance sur la barrière horaire vont se rétrécir irrémédiablement … La montée s’avère de plus en plus laborieuse, le paroxysme étant atteint quand nous foulons le pierrier et devons à plusieurs reprises escalader les rochers. Tout est au ralenti : respiration, mouvement … au point de faire du surplace pour ne pas dire reculer, car je suis en proie à quelques pertes d’équilibre en raison de la fatigue et de l’altitude. Nous longeons tout en haut des névés. J’ai l’impression d’être loin, très loin, dans un espace lunaire, et dans un hors temps.
Enfin ou déjà ? !! nous redescendons, mais la descente est longue en raison de la fatigue accumulée … Nous parvenons à l’unique ravitaillement solide, mais il faut faire vite, car un peu plus loin et plus haut se situe la barrière horaire pour bifurquer vers le 55 km. Or, un petit malentendu s’interpose ; nous ne savons pas à ce moment si cette barrière nous permettra de continuer sur le 44. Alors on sprinte ! Je suis à bout de souffle. Nous pourrions continuer sur le 55 km, mais après réflexion, nous nous engageons raisonnablement et sans regret sur le 44 km.
Vu le manque d’entraînement cette année de ma part, être finisher sur un 44 km montagne avec 3000 de dénivelée positive, c’est déjà pas mal.
Le dernier tronçon nous conduit à proximité d’une cascade grandiose. Le chemin longe ensuite la rivière aux remous et aux reflets intenses … la tentation de se rafraîchir est très forte : on y plonge gants et casquettes, et on repart, croisant de nombreux promeneurs venus contempler la superbe cascade. Nous passons à côté d’un lac, à peine visible, dommage. Dernier ravito en eau au pied d’une côte. On fait le plein. Parvenu au sommet on entend la rumeur. Plus qu’à redescendre par le petit chemin méditatif … Nous franchissons la ligne d’arrivée au terme de 9H15 de course dans un cadre naturel merveilleux, dans des décors à couper le souffle, dans une nature stupéfiante qui nous rappelle à chaque instant notre fragilité.
Ainsi, ce trail de par sa formule à la carte, est à faire et même à refaire. Le parcours est très physique, il faut être un peu aguerri ! Merci beaucoup à Lionel pour le soutien permanent. Le lendemain petite randonnée autour de Courchevel, sans courbature aucune !
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