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TRAIL DE PIAU, Vallée d'Aure (Hautes Pyrénées, 14 juillet 2013)

« AUJOURD’HUI, NOS PYRENEES SONBÊÊÊLLEU.. !!! »              


                                                   

Et l’accent de l’animateur rocailleux et entraînant, comme le sera le parcours qui nous attend en ce 14 juillet 2013 …

 

   Inscrite depuis avril à cette course (d’où le dossard 11), un peu sous la contrainte de Guy inquiet à l’idée que le nombre maximum d’inscrits soit vite atteint, je poursuis naturellement mes entraînements en côtes, mais néglige à vrai dire les descentes … De toute façon, il n’y a qu’à se laisser aller, presque un jeu d’enfants, sauf que pour le trail de Piau (26km et 1900 m de dénivelé positif), il est indispensable de savoir appréhender et gérer tout autant les montées que les descentes, remarquablement raides et pentues pour la Lorraine que je suis. Eh oui, « le St – Q. » (le Saint – Quentin) à Metz, c’est de la gnognote, n’en déplaise à Stéphane !!! Mais ne comparons que ce qui est comparable.

   

    Pour revenir au commencement, l’idée de participer à ce trail pyrénéen court, mais hors du commun, selon la volonté de l’organisateur, m’enchante au plus haut point. J’ai l’habitude d’inclure dans mon séjour de vacances une course, dans la mesure du possible.

     Je me connecte régulièrement sur le site du trail de Piau : http://www.letraildepiau.com/   - très bien conçu, il faut le reconnaître. Je suis particulièrement attentive les deux dernières semaines. Nous apprenons dans un premier temps que la distance, pour cause d’enneigement excessif durant la période hivernale, est réduite à 21km. Un peu déçue, mais la priorité est accordée à la sécurité des coureurs.

    Le lendemain, nouvelle modification : le parcours est rallongé, les derniers kilomètres nous faisant progresser dans une « magnifique forêt de pins ». Néanmoins, l’accent est mis sur le caractère particulièrement technique de ce trail. La barrière horaire est fixée à 6H. Chaque participant doit dater et signer le règlement de la course. Ca devrait l’faire …mais j’omets un détail important, très important – je le dis a posteriori – l’utilisation des bâtons est fortement recommandée. Bah, est – ce la peine pour 26km ? Toujours est – il que je n’en ai jamais eu entre les mains. Trop tard, quoiqu’il en soit.

 

   Arrivés à Aragnouet (Fabian) en début de soirée sous les orages, nous nous installons rapidement dans notre petite chambre mansardée et lambrissée (histoire de prendre déjà de la hauteur …), dans un gîte mentionné sur le site du trail de Piau. Nous ne regrettons pas : l’hôtesse est accueillante, serviable, vraiment avenante.

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Nous préparons le dîner (riz complet et légumes farcis), et nous nous attablons aux côtés d’autres jeunes tous engagés sur le trail de Piau. Gamelles de pâtes et de riz trônent fièrement (mais de façon éphémère) sur la longue table commune.

    On ne se couche pas trop tard. Le réveil se fait entendre à 6H ; j’enfile ma tenue, soigneusement préparée la veille, et descends à la cuisine prendre un petit déj’ à base de pain complet et de muësli, le nec plus ultra pour tenir longtemps sans défaillir.

   A 7H, on décolle du « Barbajou », direction Le Plan, village accroché au massif montagneux. Il y a déjà beaucoup de monde, et là stupéfaction : plus de la moitié des coureurs sont munis de bâtons. Je retire mon dossard, un beau tee – shirt technique à ma taille (c’est rare !), mon ticket repas, tout cela pour la modique somme de 20 euros. L’accueil des coureurs est soigné sur cette jolie placette du village du Plan, l’ambiance assurée notamment par un animateur qui sait y faire :

   « Aujourd’hui, nous Pyrénées sont belles ! »

 

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Je confirme !

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sorte de refrain que je ne parviens plus à chasser de ma tête. En quête de coureurs venant du bout du monde (euh, de la France !), il me cède un moment le micro afin que je me présente en quelques mots. De là, une personne de l’organisation, apprenant que je viens du département de la Moselle, se lie à nous, et m’apprend à son tour que le 13 octobre il fait le marathon de Metz, ville qu’il affectionne ! Incroyable ! Un Pyrénéen pure souche (d’après l’accent qui exigera de mes oreilles de Lorraine des  efforts de concentration extrême pour saisir au vol un mot sur deux …), qui se rend à Metz pour courir le marathon, et qui n’en est pas à son premier périple lorrain ! Je suis presque touchée.

 

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 Fernand Laserre

 

     Quelques minutes d’échauffement suffiront pour dérouiller la machine. 7H45 : briefing de l’organisateur qui revient sur la spécificité et le tracé du parcours. On a compris : ce sera beau, mais « hyper costaud », très technique. Nous sommes 155 au départ, dont 12 femmes seulement.

 

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Coup de pistolet à 8H02.

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Une énergie soudaine, sans doute l’air de la montagne et les encouragements de Guy, s’empare de tout mon être, et me voilà affrontant la première longue montée, longue longue et crescendo. On longe un bon moment une splendide rivière (la Neste), toute scintillante et tintante.

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Photo prise quelques jours plus tard (entraînement avec les bâtons)

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Au bout de quelques km, on croise un jeune berger accompagné de ses chiens, debout devant sa cabane, donnant du grain à ses poules. On prend de plus en plus de la hauteur, le rythme ralentit inéluctablement, mais le charme est intact, la nature s’ouvre et s’offre à nous grandiose, le silence est « d’Aure »….

   On arrive à Port – Vieux ; on sait que ça va redescendre, mais pas dans l’immédiat. On domine, on admire comme on peut. Ca vaut réellement la peine de s’arrêter de temps en temps pour contempler ces merveilles insoupçonnées de la nature. On passe même sur un névé : inespéré en cette saison. On entend la neige crisser sous nos pas. C’est fabuleux. On évolue sur des dévers, ça devient dur, éprouvant (il arrive que le balisage m’échappe …) …on se concentre, on se détache de tout dans ces espaces où le temps semble suspendu …

     On amorce la première grande descente, et surprise, on ne zigzague pas, on descend à pic ! L’herbe grasse (et humide de rosée) de la prairie amortit les chocs et me vaut quelques glissades sur les fesses, et quelques éclats de rire. Le silence est rompu. Je me laisse descendre sans trop retenir ma course, quand je passe à côté de l’animateur qui s’écrie :

« 5ème femme, regardez – là, une vraie gazelle ! ». Heureusement qu’il ne m’a pas point vue sur la deuxième : un OTNI (Objet Titubant Non Identifié). Premier ravito (nous sommes au niveau du tunnel de Bielsa), de qualité : eau, coca, fruits secs, bananes. Je ne m’attarde pas trop, et le deuxième acte commence (après avoir, en guise d’intermède, franchi une rivière à l’aide de palettes instables : eau glacée !) ; il s’annonce long et coriace. La deuxième grande ascension inflige des efforts surdimensionnés à mes cuisses. En guise de bâtons, je me sers de mes bras pour donner tant bien que mal de l’impulsion à mes jambes, mais c’est le dos qui écope. Courbée comme une petite vieille, j’avance aussi lentement qu’une limace. De temps à autre, je jette un coup d’œil à mon GPS : entre deux et trois à l’heure … Je parviens toutefois à doubler quelques coureurs pourvus de bâtons. Les paysages sont toujours aussi somptueux et enivrants (le passage au lac de Catchet est un pur moment de grâce). Mes forces déclinent ; vite, encore un gel, ça va mieux, et enfin on attaque la descente, descente qui sera fatales à mes cuisses : un gigantesque pierrier, l’horreur ! ça glisse, ça remue, ça s’éboule … je ne sais comment et où prendre mes appuis. J’ai le sentiment de faire absolument n’importe quoi. Tout le monde me dépasse, notamment dans la portion de prairie caillouteuse. Mes cuisses échappent de plus en plus  à mon contrôle. Je sors enfin de cet enfer vert : 2ème ravitaillement en vue, 2ème descente conquise. En contrepartie, les cuisses ont tétanisées. Il faut repartir ; il ne reste que 7 ou 8 km. On pénètre dans la forêt de pins que l’on nous promettait magnifique ; elle ne l’est pas pour mes cuisses dont la communication avec le cerveau a été rompue. Des cuisses fantômes ! Je cours tel un pantin désarticulé ; je me sens ridicule. Ca descend toujours, je pose n’importe où les pieds, évitant de justesse de grosses pierres. Progressivement, la connexion avec le cerveau se rétablit. On évolue sur un très joli chemin, légèrement en descente ; ma vitesse passe de 7 à 10,5 km/ h. Or, je n’aspire plus qu’à une chose : refaire de la montée afin de soulager mes quadriceps. Vœu réalisé. Les derniers km restent malgré tout éprouvants, le soleil s’en mêle (il est environ 13H), mais le mental reprend le dessus. On sort du chemin pour regagner la route, plus que quelques mètres, on franchit le pont, virage, puis l’arrivée au même endroit que le départ (5H plus tôt …) sous les applaudissements d’un public solidaire, cordial et très présent. Je finis en 5H11 (7ème femme, et 97ème sur 145).

 

    Je signe là mon deuxième trail pyrénéen (le 1er, c’était le trail de la Dent d’Orlu dans les Pyrénées ariégeoises – malheureusement le brouillard a tout occulté), mais également ma course la plus belle, et de loin la plus exigeante (même la Moselotte dans les Vosges cet hiver m’a parue moins dure, malgré la neige très abondante : j’avais mis 5H49).

   Ayant des dizaines et des dizaines de course à mon actif, je dois reconnaître que le trail de Piau a été pour moi (et pour l’ensemble des participants et organisateurs) une réussite totale. De nombreux facteurs ont concouru à son succès :

-          qualité exceptionnelle de l’organisation

-          météo plus que propice (jusqu’à 16H …)

-          choix du parcours (jamais monotone, jamais facile !)

-          magnificence des panoramas

-          esprit sportif

 

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 Le vainqueur

 

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La première féminine

 

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2ème féminine

 

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3ème féminine

 

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7ème féminine...

 

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Après l'effort le réconfort

 

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Ce bain improvisé dans le lavoir du village soulagera sur le moment les cuisses.

 

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Le podium hommes (à gauche, tendant le micro, l'organisateur, Jérôme Delhumeau)

 

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Le podium femmes

 

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Première V3: bravo !

 

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Ce jeune homme est en réalité par l'âge un V3, arrivé 11ème au scratch, en moins de 4H !!!

 

A lire aussi : le récit accompagné de splendides photos et d’une vidéo exceptionnelle de :

 

http://fane32run.blogspot.fr/2013/07/trail-de-piau-il-fallait-le-faire.html

 

 



25/07/2013
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